Rando&Co

Randonnée dans le Vercors avec un âne et un enfant – Jour 1

Faire une belle randonnée en autonomie avec ma fille et un âne,  c’est un projet que j’avais en tête depuis la naissance de ma fille en 2007 et même bien avant 🙂
je narre avec un brin de retard la réalisation de ce projet un truc mûrement réfléchi donc 🙂 (Juin 2014…) .
Maintes fois reportés pour diverses raisons séparation, travail, manque de temps etc..La vie quoi, je m’y suis attelé car le temps presse… Passé un certain âge les enfants sont trop lourds pour être portés par un âne, en outre, parfois en grandissant les enfants trouvent tout « lourd » et spécialement la randonnée…Je ne voulais pas m’exposer à ce risque objectif et profiter de l’enthousiasme enfantin pour tout ce qui est nouveau 🙂
Initialement prévu en mai 2014, nous avions reporté car la météo était exécrable, et les températures trop froides pour la saison pour un périple agréable. Un mois plus tard nous y sommes.
Départ prévu le lundi 16 juin à 10h pétante (heure du rendez-vous avec la loueuse d’âne), avec qui j’avais eu de nombres échanges de mail pour préparer le parcours et régler la logistique,  Nathalie Hild est vraiment à l’écoute et s’adapte vraiment, franchement super. Je ne peux donc que vous la recommander chaudement.
la fine équipe étant donc constitué de Chloé ma fille de 7 ans à l’époque.
 On dirait pas Dora l’exploratrice ???
chloé_dora
Moi-même, et mon pote David, a qui j’avais proposé de nous accompagner pour la convivialité et pour des raisons élémentaires de sécurité. J’imaginais mal m’occuper de tout, tout seul et puis en cas de pépin…
J’avais décidé de faire une randonnée de 4 jours, cela me paraissait un bon format, ni trop long, ni trop court, et cela faisait tout de même  3 nuit en bivouacs ou en abri. Avantage  non négligeable, l’ensemble du projet (avec l’aller-retour à Paris)  tenait en une semaine et les congés sont hélas comptés…
Un dernier point… cela me permettait de voir le match de l’équipe de France, nous sommes en pleine coupe du monde en juin 2014 et vendredi 20 juin c’est France Suisse, que voulez-vous …personne n’est parfait.
Voici donc  l’itinéraire et le timing prévu :
Départ en matinée le lundi 16 juin depuis le parking de Beure (à proximité du col de Rousset)  pour un bivouac situé entre la cabane de Pré Peyret et le sommet de Tourte-Barreaux
mardi 17 juin :  La cabane de Pré Peyret et Tourte-Barreaux, montée par la plaine de la Queyrie, bivouac vers la cabane des aiguillettes, au pied du Grand Veymont.
mercredi 18 juin : Cabane des aiguillettes, pas des chattons, Jasse de la Chau, Jasse du Play
jeudi  19 juin : Jasse du play – tiolache le haut- canyon des Erges – Darbounouse -cabane de Carrette et arrivée à Corrençon en Vercors
Vendredi 20 juin : relâche dans un coin sympa.
On peut constater qu’on se déplace moins vite avec un âne que sans… surtout si l’on est adepte de la randonnée légère voir ultra légère, cela dit j’avais volontairement prévu des étapes pas trop longues pour la choupette.
Après une nuit passée à la Chapelle en Vercors, nous traçons en voiture vers le col de Rousset où nous rattrapons le véhicule de la loueuse et la remorque portant notre compagnon de randonnée. Nous nous garons de concert sur le parking de Beure à 10h pile…des vrais pros quoi.
Nathalie la loueuse, m’avait dit qu’il fallait compter deux heures, entre les explications, les manipulations, et le chargement.
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Nathalie Hild la loueuse d’âne, David et l’âne (un peu masqué…)
Après présentations, nous avons droit à un brief complet avec démonstration avant que nous nous exercions nous même, concernant les soins à porter notre compagnon César (Avé César…comme ça c’est fait…), notamment :
Brossage,
Bouchonnage,
Nettoyage des sabots (pas si évident au début…) ,
Montage du bat et démontage du bat.
Application d’argile verte sur des petits plaies.
Application de répulsif pour les insectes près des yeux, et au niveau du fourreau (c’est comme cela que l’on nomme ce qui reste après la castration chez un âne…)
les soins seront à effectuer le matin et le soir.
 ane_baté2
J’avais rapidement conclu lors des échanges de mails que nous ne pourrions pas nous passer de sac à dos, car un âne peut porter environ 40 kg, ce qui dans notre cas se répartissait comme suit :
Chloé : 23 kgs.
Le grain pour l’âne dans son boudin à grain (complément de l’herbe que notre compagnon ne manquera pas de brouter tout au long de notre balade).
Le seau pour donner à boire et à manger.
Le bidon d’eau à remplir dans les rares sources, le problème numéro Un dans le Vercors.
La selle,
Sa longe (une corde) pour qu’il puisse brouter tranquillement sans se faire la malle.
L’ensemble de bât.
La selle.
Les sacoches.
Ce qui nous laisse entre 7 et 10 kg de charge utile : Un vrai luxe pour une randonnée 🙂
Comme j’avais décidé d’emporter un peu plus de matériel afin que la randonnée soit plus confortable pour Chloé, j’avais vu assez large sur les couches de vêtements pour Chloé.
En plus de son doudou, j’avais emporté un jeu de carte, des crayons et des feutres, quelques livres et un carnet pour faire un herbier.
De la nourriture plus sympa que d’habitude et quelques ustensiles de cuisine supplémentaires
Une très belle et grande tente tipi (ultra légère pourtant) gracieusement prêté par Philippe (encore un) alias Czalm, membre de ce magnifique site web qu’est randonner léger.
Au final, David et moi avons nos sacs à dos respectifs lors d’une randonnée de ce type sans âne. Nous portons sacs de couchage, matelas, et vêtements, mais nous ne portons ni nourriture, ni l’eau, ni les popotes  et pas l’abri.
Des sacs à dos bien légers donc, et quand Chloé préférait marcher, nous en profitions pour mettre l’un ou l’autre de nos sacs à dos sur le bat.
Seule Chloé est dispensé de sac à dos, mais elle en à tout de même un petit (avec quelques bricoles dedans, chapeau, lunette de soleil, frontale, crème solaire, et son herbier)
finalement à 12h pile (des vrais pros franchement.) On met les voiles sous le soleil avec notre compagnon, en direction de la cabane de Pré Peyret.
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 depart
Quelques réglages …
quelquesreglages
Chloé s’essaye à diriger César. En fait, un âne, ça se tire (mais impossible de le pousser…), et clairement c’est lui qui impose son rythme. Ça ne sert à rien de tirer comme un malade…
Il est comment dire …têtu et plus que tout le monde…Le proverbe « têtu comme un âne »  n’a rien d’une légende… Vous donnez le signal de départ et d’arrêt et la direction en étant devant ou à côté de lui, mais c’est lui qui choisit son chemin et son rythme.
 chloedirigelane
On s’arrête assez rapidement après ce premier galop d’essai 🙂 pour piquer niquer (on n’est pas des sauvages) à proximité du Chalet de l’Ours.
Il est à noter qu’à chaque pause longue, on déposera les sacoches  de César (on n’est vraiment pas des sauvages).
On finit par repartir et on débouche assez rapidement hors de la forêt, Chloé un peu lasse de marcher fini par se décider à  monter sur César. Pas très rassurée au début… (pourtant on avait déjà fait quelques heures sur le dos d’un âne l’année précédente.)
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La météo sans être pourrie, se dégrade, ça devient nuageux
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Pour quelques passages, un peu trop pentus, nous faisons descendre Chloé de César.
On arrive à l’abri de Pré Peyret vers 16h30. J’avais caressé l’espoir d’un premier bivouac au sommet de Tourte- Barreaux, un magnifique point de vue en plein cœur des Hauts Plateaux à presque 1900 m, mais la météo tournant au vinaigre, nous avons décidé de chercher un point de bivouac vers la cote 1654 non loin de la dite cabane de Pré Peyret, pour ceux que cela intéresse.
On se pose à un premier point, on défait les sacoches de César, et Chloé s’assoit sur un sac. Mais le point de vue ne nous satisfait pas 🙂 on décide de trouver un coin plat avec un meilleur point de vue dans les environs et finalement avec David, on cherche pendant  5 minutes. On disparaît quelques instants de la vue de Chloé…
Quand je reviens , Chloé est en pleurs…  je sais qu’elle risque nettement moins de faire une mauvaise rencontre là toute seule dans la prairie déserte, que dans un square urbain hélas….mais c’est encore une toute petite fille et la montagne déserte, c’est impressionnant, surtout c’est un environnement complètement inconnu pour elle…  Elle n’avait pas voulu nous accompagner (et il est vrai que je ne comptais pas partir si loin chercher un spot de bivouac…). C’était une mauvaise idée de ma part d’autant plus que Chloé n’est pas Gretel…..Aucune envie de la perdre…En plus j’aurais surement des ennuis avec sa mère… J’ai compris celle là je la ferait plus et le lui promet tout en la consolant.
Au sujet de la sécurité, j’avais notamment briefé Chloé sur le thème : Que faire si tu te perds ? donc l’idée c’était qu’elle devait rester sur place et utiliser régulièrement son sifflet. Je ne sais pas si le brief a été efficace, en tout cas, elle a pleuré, mais elle n’a pas bougé.
On s’établit un peu plus haut, et je monte la tente et gonfle les matelas, pendant que David s’occupe de César avec Chloé. Finalement ça sera le cas comme ça à chaque fois, et ça sera ma petite frustration, de ne pas m’être assez occupé de César… mais en clair je me suis occupé de Chloé et David de César, ça parait logique (je suis son père… enfin je ne parle ni de César, ni de David dans le cas présent, ni même de Luke Skywalker) , J’arriverais quand  même une ou deux fois à m’occuper des sabots de Césars, de lui mettre son bat, de lui servir à manger, et même de le brosser et de le bouchonner.
 vue générale du bivouac (la météo pas top, assez froide pour la saison en prime) : David, Chloé, la tente et César tranquille dans un coin bien herbeux un peu en arrière plan.
bivouac
Chloé et moi descendons faire de l’eau par une petite sente sans passer par l’abri de Pré Peyret, et sans toucher 20 000 francs à la fontaine des Endettés.
Corvée d’eau…
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Chloé tente une pose photo…sur fond de Pas de Chabrinel
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Une fois le plein d’eau fait, nous remontons tranquillement par la même sente à notre campement. Je dis plusieurs fois à Chloé de mettre une veste, car il commence à faire froid, mais évidemment elle me réponds qu’elle n’a pas froid… je laisse faire. Quelques minutes plus tard, elle me dit qu’elle a très très froid 🙂 effectivement elle grelotte, et c’est la panique :), je l’a fait rentrer avec sa doudoune sans manche dans son sac de couchage. Elle se réchauffe rapidement, mais elle convient que j’avais raison et qu’elle m’écouteras la prochaine fois…mouais…  (ça t’apprendras à ne pas écouter ton père ! sale môme ! ). Elle préféra dîner au chaud dans son sac de couchage, dans la tente. chloefroid
 Entre le montage du bivouac, la corvée d’eau, les soins pour César, la cuisine et le repas, le temps passe finalement très vite. On fini par se coucher et s’endormir, la suite bientôt…
 Le marchand de sable est passé…chloedodo

2 Commentaires

  1. nicalfav

    trop choupette, la choupette !!

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  2. nicalfav

    Phill, on aimerai bien avoir la suite !
    🙂

    Répondre

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