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Comprendre les différentes températures indiquées sur un sac de couchage

Comment s’y retrouver entre les différentes températures pouvant être indiquées sur un sac de couchage.

norme_thermique

Après avoir lu cet article, vous saurez :

  • A quelle température se référer pour choisir un sac de couchage
  • A quoi corresponds précisément ces différentes températures.
  • Quelles sont les conditions de tests de ces même températures.
  • Quelques trucs sur l’utilisation d’un sac de couchage.
  • Quelques astuces utilisées par les fabricants et revendeurs…

 

 

Il existe une norme européenne qui évalue les performances thermiques des sacs de couchage. Il s’agit de la norme EN13537 …

Le gros avantage de la norme EN13537 (2002, révisé en 2012) est d’éviter les déclarations fantaisistes des fabricants ou des revendeurs toujours prompts a augmenté un peu (et même beaucoup…)  les performances thermiques de leurs sacs de couchage.

La seconde vertu de cette norme est de pouvoir comparer facilement  tous types de sacs de couchages quant à leur performance thermique sans devoir s’intéresser (pour le moment…) à leur caractéristiques intrinsèques : Type d’isolant, quantité d’isolant, tissus, construction du sac, etc.

Le gros inconvénient est que cette norme a produit quatre valeurs de température…

  • la température max : elle correspondant à la température maximum pour laquelle un homme dormira confortablement sans transpiration excessive, en ayant les bras à l’extérieur du sac.
  • la température confort : elle correspond à la température à laquelle une femme dormira confortablement.
  • la température limite confort : elle correspond à la température à laquelle un homme dormira sans sensation de froid.
  • la température extrême : c’est la température minimum supportable pour une femme recroquevillée, en dessous de cette température la survie est compromise.

C’est ainsi, je ne peux que déplorer que les hommes et les femmes ne soient pas égaux devant la résistance au froid… et je suis plus que sceptique sur l’efficacité d’une future loi  sur l’égalité homme/femme pour remédier à cette réalité-là…Enfin revenons à nos moutons, ou plutôt à nos duvets.

A ce stade, vous êtes normalement capable de lire l’échelle de température présente en haut de cet article, toutes mes félicitations.

Mais … vous ne savez toujours pas parmi ces quatre indications de température à laquelle il faut se vouer pour le choix d’un sac de couchage… un peu de patience…

Que nous indique le protocole de test :

pour ce qui est du dormeur :

homme ou femme de 25 ans en bonne santé habillé avec des sous-vêtements … C’est quand même très précis même si il demeure des interprétations possibles.

  • Si l’on évoque des sous-vêtements, c’est que ce n’est pas nu… (désolé pour cette lapalissade) et pour faire une différence thermique ce n’est pas le combo slip/soutien-gorge, mais bien davantage d’un pyjama chemise et pantalon, sans que cela soit le Damart de nos grands-parents (ou même arrière grands parents)…. sans le bonnet de nuit mais avec  les chaussettes.

Et voici mon interprétation des autres critères du protocole de test  :

  • Pas de refroidissement éolien (le vent quoi :)), c’est à dire, quasi pas de vent : ce qui n’arrive que très rarement à la belle étoile, surtout sur une nuit complète, bref il s’agit plutôt de conditions correspondants à un abri fermé du type tente double toit ou refuge.
  • Le sac de couchage est posé sur un matelas plutôt léger, mais lui-même posé sur une planche de bois surélevée du sol… presque sur un lit en somme …
  • Le sac doit être sorti de sa housse de compression depuis 12 heures…  
  • par contre les plages d’humidités restent très variable…

Il faut donc retenir  :

Primo : Les conditions d’évaluations sont nécessairement précises, afin de pouvoir comparer les sacs de couchage entre eux.

Secondo : L’ensemble de ces conditions idéales  ne sont presque jamais réuni…en dehors d’un labo… et encore moins au dehors tout court…Vous aurez le plus souvent :

  • Un peu, voire beaucoup d’humidité,
  • Sans doute un peu voir beaucoup  de fatigue (donc une plus grande sensibilité au froid),
  • Un peu ou beaucoup de vent, sauf en abri donc… 
  • Une isolation du sol rarement conforme au test (à part dans un refuge sur un bas flanc en bois). C’est sans doute le facteur le plus important, tant le refroidissement par le sol est                    généralement sous-estimé, il est souvent aussi important d’avoir une bonne isolation du sol via le matelas, qu’une bonne isolation par-dessus via le sac de couchage… Sujet tellement vaste que je l’aborderais dans un article à part entière.
  • vous n’aurez pas 25 ans pile 🙂 , et même si c’est le cas, hélas ça ne dureras pas …surtout que le temps qui passe abîmera aussi,
  • votre sac de couchage qui ne restera pas éternellement neuf et verra ses performances thermiques se dégrader lentement 
  • votre sac ne sera jamais sorti de sa housse depuis 12 heures en conditions réelles, et s’il est sorti depuis plusieurs heures, il y a de fortes chances pour qu’il se soit gorgé humidité (l’humidité c’est la kryptonite du sac de couchage !)

En conséquence de quoi, vous pourriez bien avoir froid par 7 degrés dans un sac de couchage ayant une température de confort de 0 degrés…vous pourrez toujours vous réchauffer en maudissant les fabricants, les revendeurs, et  même les concepteurs de la norme et les labos de test.

Et ça c’est du vécu, c’est du pratique, pas de la théorie de labo 🙂

Bien, alors tout ça c’est super, mais quelle est donc la température à laquelle se vouer ?

Sur ces quatre indications de températures  vous pouvez oublier :

  • la température maximum …si vous avez trop chaud, vous pouvez enlever des vêtements…ouvrir votre sac de couchage si il est équipé de zip, voir sortir en partie ou totalement du sac. bref en général une température supérieure n’est jamais un gros problème… vous risquez rarement de mourir de chaud, éventuellement vous pourriez transpirer et choper froid ensuite, en résumé votre confort pourrez alors être compromis, mais pas votre sécurité.
  • la température extrême : Il ne faut surtout pas choisir son sac en fonction de celle-ci… vous compromettez votre confort (cela peut s’envisager)  mais surtout vous compromettez gravement votre sécurité.

Les deux qui présentent un réel intérêt sont donc :

  • la température confort et la température limite confort : de fait se sont bien les températures le plus souvent indiqué. Malgré tout, penser à bien vérifier sur le sac de couchage lui-même ou sur sa housse, si le ou les températures mis en avant (sur le web, ou sur un catalogue par exemple) sont bien celles-ci… et oui, parfois la température mise en avant est la température extrême… 

Si il ne devait y avoir qu’une température à retenir, c est la température confort, surtout si vous n’avez pas ou peu d’expérience en matière de bivouac 

En effet, nous avons déjà évoqué  que le sac de couchage va voir ses performances se dégrader au fil du temps, donc autant partir avec un peu plus de marge, et par ailleurs, le monde étant ce qu’il est, un fabricant, vendeur aura toujours tendance à surévaluer les performances de son sac de couchage, la norme a fait un peu de ménage. Mais, évidemment il y a toujours une marge d’interprétation. Par exemple  la marque a pu faire tester seulement un modèle de sa gamme, ou encore a pu faire tester le modèle produit en 2014 et pas celui de 2015 pour lesquels il y a presque toujours des modifications de conceptions, ou de matériaux.

Un dernier point :

  • la norme  EN13537 n’est pas obligatoire… Aussi si vous choisissez un sac n’ayant pas cette norme, cela ne signifie pas que ce sac est mauvais, mais les indications de températures sont alors à prendre avec des pincettes…et vous devrez impérativement évaluer sa thermicité en comparant ses caractéristiques (type d’isolant, quantité d’isolant, tissus, construction du sac, forme et type de sac de couchage) avec celles des sacs de couchage bénéficiant de la norme EN13537…pas toujours évident.

Un autre dernier point :

  • laisser tomber les indications du genre 3 saisons, 4 saisons … en effet, la géographie, la météo, l’altitude,  à la belle étoile, en abri  vont radicalement changer la donne…  Imaginez seulement la différence de température au printemps sur la côte d’azur et à 1500 m dans le Jura…

Il ne vous reste maintenant plus qu’à estimer la température minimale que vous escomptez rencontrer lors de votre randonnée…et là encore c’est compliqué 🙂 (Toujours… quand l’avenir fait partie de l’équation) et ça aussi fera l’objet d’un article dédié…

N’hésitez pas à poser vos questions, suggestions, demande de précisions dans les commentaires, ni à partager ou « liker » cet article si il vous a plu.

Phil

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